L'école de la double compétence
Technologique et manageriale

Pour sa conférence des Rendez-vous de la double compétence du mercredi 15 mars 2017, Ionis-STM avait décidé d’aborder la thématique de la santé via les interactions possibles entre biologie et informatique. Pour cela, l’école conviait Guy Eiferman, président de Healthcare Services & Solutions, une entité rattachée à Merck & Co, un important laboratoire pharmaceutique américain.

Valérie Pham-Trong, directrice de Ionis-STM et Guy Eiferman

Imaginez contacter votre médecin directement depuis votre smartphone pour faire une téléconsultation et, une fois celle-ci terminée, vous rendre dans la foulée à une pharmacie pour récupérer une ordonnance et les médicaments prescrits. Ce scénario n’est pas de la science-fiction : il se déroule déjà en Suisse. Voilà l’exemple utilisé par Guy Eiferman pour montrer une infime partie des avantages et enjeux de l’e-santé, cette santé tournée vers la modernité et les nouveaux usages. Plus d’efficacité, plus d’accessibilité et moins de coûts : un idéal qui pourrait donc alléger la fréquentation des hôpitaux, augmenter l’efficacité du système de santé et, surtout, redonner aux patients toute l’attention qu’ils nécessitent.

Des solutions déjà testées et appliquées aux États-Unis, beaucoup moins en France
Cette envie d’aller plus loin, l’invité de Ionis-STM explique également la partager au sein de son entreprise, comme à travers ILÚM, une solution destinée aux médecins devant gérer les choix difficiles à faire en matière d’infection et de choix d’antibiotiques à l’hôpital. Cet outil informatique d’aide à la décision rassemble des informations rattachées à cette problématique, qu’elles concernent le patient ou l’environnement de l’hôpital. Testé à l’East Jefferson General Hospital en Louisiane, le logiciel a permis une amélioration significative de la prise en charge des infections contractées au sein de l’hôpital. Une réelle avancée dans un pays qui, chaque année, concède plus de 20 milliards de dollars de coûts agrégés pour cette raison, avec un total de décès avoisinant les 750 000 personnes.


L’expert profite aussi de sa présence pour analyser l’évolution de l’e-santé en France. Si les avancées existent, avec notamment la création de formations adéquates (comme le MBA spécifique lancé par Ionis-STM), Guy Eiferman estime que le chemin reste encore long, la faute à de nombreux blocages sur la question de la transformation numérique. Déjà lente à se mettre en place dans les différents secteurs d’activité avant de devenir incontournable, cette ouverture au digital se fait difficilement dans le domaine de la santé. Aux yeux du président de Healthcare Services & Solutions, l’un des principaux freins à cette nouvelle ère porte surtout sur la difficulté de faire travailler ensemble les différents partenaires (médecins, payeurs publics et complémentaires, industriels du médicament et du digital, etc.).

Un monde plus technologique pour plus d’humanité
Après avoir évoqué d’autres problématiques du secteur, comme le coût de l’innovation (avec l’exemple de l’immunothérapie en cancérologie ou plus récemment de la mise en vente d’un traitement contre l’hépatite C) ou le manque de dialogue entre les différents acteurs de la santé (autorités, grands groupes, patients…), le professionnel préfère rappeler ce qui attend les futurs managers de la double compétence dans l’industrie pharmaceutique. Pour lui, les opportunités passionnantes sont nombreuses, avec toujours plus de projets innovants à mener. Surtout, il témoigne de l’importance d’évoluer dans un domaine porteur de sens, où les avancées se concrétisent d’abord par des vies sauvées. Une façon d’affirmer que, dans un monde où les technologies prennent de plus en plus d’importance, la prise en compte de l’humain reste capitale.