L'école de la double compétence
Technologique et manageriale


Invitée dans le cadre des Rendez-vous de la double compétence, Christel Beltran, Partner Executive, Watson Cognitive Ambassador et University Ambassador chez IBM France était présente à Ionis-STM pour animer la deuxième conférence « Dessine-moi la médecine de demain », mardi 19 décembre 2017. L’occasion d’aborder avec cette experte les contours de la santé du futur et des profils recherchés par IBM.


Christel Beltran, l’invitée du dernier Rendez-vous de la double compétence


Pourquoi avoir accepté l’invitation de Ionis-STM ?
Christel Beltran :
D’abord, pour la continuité. En effet, ayant déjà participé au premier volet de la conférence « Dessine-moi la médecine de demain » en février 2016, il me semblait logique d’accepter cette nouvelle invitation.
Ensuite, cette participation correspond aussi à l’état d’esprit d’IBM qui accorde une grande importance aux relations universitaires. Au sein de l’entreprise, nous avons d’ailleurs une équipe en charge de travailler sur ces relations, pour diffuser la « bonne parole » technologique – nous avons pleinement conscience que, plus tôt nos technologies sont connues et utilisées par les étudiants, plus elles seront facilement préconisées par ces derniers dans leur parcours professionnel –, mais pas seulement. Cette relation avec les universités et grandes écoles est également pensée pour permettre à IBM de mieux former en amont des profils susceptibles de rejoindre l’entreprise ensuite. Ces recrutements concernent un large registre d’emplois, dont un grand nombre sont rattachés au service. Je pense notamment au conseil en transformation numérique et à l’accompagnement au changement auprès de nos clients, deux services qui nécessitent des compétences métiers comme des compétences managériales.
Enfin, étant University Ambassador chez IBM France depuis maintenant une dizaine d’années, je suis régulièrement amenée à échanger avec les nouvelles générations à l’occasion de conférences comme celles de Ionis-STM, mais aussi d’événements auprès de lycéens afin de montrer les carrières intéressantes que peuvent ouvrir les technologies actuelles et futures via des formations parfois courtes. Pour toutes ces raisons, me voilà ici !

Pensez-vous que la médecine de demain passera obligatoirement par l’intelligence artificielle et le machine learning, deux composantes importantes du projet Watson ?
Christel Beltran :
En fait, ce n’est pas demain, mais aujourd’hui ! La médecine a effectivement déjà commencé à évoluer dans ce sens et les exemples sont nombreux. Ainsi, certains robots sont désormais capables d’opérer à distance en étant contrôlés par un chirurgien – même si l’intelligence artificielle est présente dans la médecine, l’homme est toujours là. En radiologie, les algorithmes permettant de faire de l’analyse d’image sont également aujourd’hui plus performants en volumes et en précisions sur les cas de cancers que les analyses humaines ! Les médecins le reconnaissent d’ailleurs. Cela dit, il ne faut pas se tromper de conclusion : cela ne signifie pas un remplacement du radiologue par la machine ! Au contraire, il faut voir cela comme une avancée : le radiologue pourra être secondé par la machine dans ses tâches de base quand, d’un autre côté, l’IA pourra lui soumettre son aide sur les cas les plus complexes, voire prioriser les cas selon ce qui est détecté ou non. Ce dernier point est essentiel quand on sait le problème que représente la diminution du nombre de médecins et de radiologues : pouvoir se concentrer plus rapidement sur les situations les plus urgentes et complexes est alors déterminant.

Ionis-STM forme des professionnels à double compétence scientifique et managériale. Est-ce ce genre de profils dont IBM est friand pour un projet comme Watson ?
Christel Beltran: De manière générale, il est certain que le marché recherche des profils ayant une compétence métier forte autour de la médecine, voire de la biologie au sens plus large, associée à une compétence managériale. Par « compétence managériale », je parle surtout d’être en mesure de pouvoir comprendre une situation et de la mener à l’étape supérieure. D’où ce besoin, chez IBM aussi, de ce genre de profils pour les projets de transformation numérique dont je parlais en amont.
Pour ce qui est de Watson, les besoins sont différents car énormément de choses sont développées au sein de nos laboratoires. Les compétences technologiques les plus pointues sont alors recherchées. Évidemment, on pense alors tout de suite aux ingénieurs et informaticiens. Pourtant, ce serait négliger la part toujours importante que prennent aujourd’hui les sciences cognitives dans ce domaine ! Les personnes capables de connaître, d’analyser et d’expérimenter tout ce qu’il se passe dans le cerveau pour ensuite le reproduire dans des systèmes représentent également un profil particulièrement demandé… et ils le seront encore davantage dans le futur.