« La double compétence, un pari pour le futur » - Ionis-STM          

L'école de la double compétence
Technologique et manageriale

Deivy Bartebin (Ionis-STM promo 2015) : « la double compétence était un pari pour le futur »


Si Deivy Bartebin (Ionis-STM promo 2015) a de l’énergie à revendre, il en a fait surtout sa spécialité. Passé par la filière dédiée, cet Ancien se prête au jeu de l’interview pour retracer un parcours qui l’aura vu passer des expérimentations scientifiques dans son garage aux responsabilités de chef de projet efficacité énergétique et environnementale au sein de l’entreprise Greenflex.

 

Deivy Bartebin (Ionis-STM promo 2015) : « la double compétence était un pari pour le futur »

 

Quel a été votre parcours avant Ionis-STM ? Pourquoi avoir choisi cette école ?

Deivy Bartebin : J’ai d’abord fait un DUT en hygiène, sécurité et environnement, mais je n’ai pas eu envie de faire la licence, tout simplement parce qu’elle reprenait exactement le même programme que le DUT. Je ne voyais donc pas l’intérêt de refaire la même chose un an de plus. Ne sachant pas non plus où aller après ça, je me suis alors demandé ce qui me plaisait dans la vie, ce qui me passionnait, et c’est comme ça que j’ai commencé à chercher une nouvelle formation en lien avec l’énergie. Je suis alors tombé sur Ionis-STM qui, en plus de proposer une formation dédiée à l’énergie, intégrait une dimension managériale.

 

D’où vous vient cette passion pour l’énergie ?

Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que j’ai toujours aimé le fait de rechercher de nouvelles technologies permettant de produire et, surtout, de consommer de l’énergie sans polluer. Déjà lorsque j’étais au lycée, je menais des expériences dans le garage de la maison familiale pour tenter de fabriquer de l’hydrogène !


Est-ce que votre passage à Ionis-STM a répondu à vos attentes ?

À vrai dire, comme le concept de la double compétence était nouveau pour moi, je n’avais pas vraiment d’attentes avant de commencer le cursus : c’était plus un pari pour le futur. Cela dit, Ionis-STM m’a beaucoup appris. On a brassé la thématique de l’énergie de manière très large, ce qui nous a permis d’acquérir un savoir énergétique très vaste dans tous les domaines. C’est ça que j’ai apprécié. Si l’on s’était focalisés juste sur certaines énergies, on serait passés à côté de pas mal de choses. On a suffisamment abordé le spectre énergétique dans sa globalité pour acquérir de solides connaissances et avoir la possibilité de pouvoir approfondir n’importe quel sujet par la suite si l’on souhaite aller plus loin. Enfin, au niveau managérial, l’école m’a aussi appris à savoir gérer un projet efficacement. On y expérimente le management d’équipes, explore les études comportementales sur un groupe, le fait d’avoir un leader, des personnes qui opèrent, de trouver la place de chacun…

 

La gestion de projet fait justement partie de l’ADN de Ionis-STM : est-ce que cela a été une révélation pour vous ?

J’ai été très content que la pédagogie par projets soit inhérente au cursus, oui. Quand j’ai rejoint l’école, je ne savais pas du tout à quoi cela correspondait réellement. Mais quand j’ai commencé, j’ai trouvé ça super. Heureusement que je suis tombé là-dedans ! D’ailleurs, avec le recul, je me dis que je n’aurais sans doute pas pu me replonger dans un fonctionnement similaire à celui de la fac, avec des partiels tous les jeudis, etc.

 

Cette approche permet aussi à des profils très différents de s’associer le temps d’un projet à mener…

Oui et c’est très important ! En face de nous, on ne se retrouve pas avec des personnes « conditionnées » ni focalisées sur la même spécialité que la nôtre. On évolue plus vite en les côtoyant !

 

Quels projets vous ont le plus marqué ?

Ce que j’aimais le plus dans les projets, c’est quand nous étions « lâchés » dans le grand bain. Par exemple, pour un projet, nous devions imaginer la conception d’un module spatiale autonome pour rejoindre la Station spatiale internationale (ISS)… sauf qu’aucun d’entre nous n’avait de connaissances dans les domaines de l’aéronautique et du spatial ! De ce fait, nous étions vraiment livrés à nous-mêmes et avons dû axer nos compétences et nos capacités sur l’énergie et l’auto-suffisance de certains modules pour réussir. Un très bon souvenir. Un autre projet marquant consistait à étudier l’implantation d’éoliennes dans diverses régions de France. Là encore, il a fallu se débrouiller en prenant en charge toutes les parties intéressées, c’est-à-dire les autorités, les organismes de contrôle, la presse, etc. Le fait d’impliquer autant d’acteurs fait partie de ces choses auxquelles on ne pense pas forcément au début, quand on arrive dans le « monde du projet ». Cette expérience m’a beaucoup marqué.

 

Deivy Bartebin (Ionis-STM promo 2015) : « la double compétence était un pari pour le futur »

 

Aujourd’hui, vous évoluez au sein de l’entreprise Greenflex. Quel a été votre parcours depuis la fin de votre cursus ?

J’ai d’abord commencé chez BHC Energy, un bureau d’études qui venait d’être racheté par le Groupe Total. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai pu y expérimenter une sorte d’effet start-up. En effet, nous étions seulement 15 à mon arrivée : nous devions alors toucher à tout, pour développer aussi bien l’aspect marketing que l’aspect financier, les offres, etc. Puis, au bout de trois ans, le Groupe Total a également souhaité racheter Greenflex. Or, comme cette dernière disposait d’un service possédant une activité assez similaire à celle de BHC Energy, il a été décidé de fusionner les deux entités. C’est comme ça que j’ai rejoint Greenflex. Au final, je n’ai pas « changé de société », mais plutôt changé d’environnement, passant d’une structure d’une quinzaine de personnes à une structure de plus de 400 personnes ! C’est un mode de fonctionnement bien plus industrialisé, avec des services bien distincts et cloisonnés.

 

Quelle est l’activité de Greenflex ?

Vaste question ! (rires) Initialement, Greenflex fait du financement. Cela signifie qu’elle finance des actifs – des équipements – pour des entreprises à la manière du leasing pour les voitures, c’est-à-dire que lorsque le parc d’équipement devient obsolète, elle le renouvèle. Or, comme je l’ai expliqué, de nouveaux services ont depuis vu le jour, notamment le mien, le service industrie. Au sein du pôle énergie, ce dernier a vocation à faire des audits énergétiques, à mettre en place des normes comme, par exemple, l’ISO 50001 ou l’ISO 14001 – norme sur l’environnement pour laquelle je suis d’ailleurs en train de développer un pôle dédié. D’autres services existent, comme le service bâtiment, le service retail… Nous avons également un pôle conseil, cette fois plus axé sur la RSE (pour « Responsabilité Sociétale des Entreprises ») et du conseil en développement durable, un pôle CEE (« Certificat d’économie d’énergie »), un pôle Financement, évidemment, et nous allons aussi avoir un pôle digital que nous permettra de construire notre propre plateforme de suivi de données. Ainsi, en installant des compteurs chez nos clients, on remontera les données sur cette plateforme pour maîtriser toute la chaîne.

 

 

Depuis votre entrée dans le monde du travail, est-ce qu’il y a des évolutions notables dans le domaine de l’énergie ?

Oui, bien sûr. Au-delà de la prise de conscience des entreprises, de plus en plus importante, il y a l’action de l’État qui a évolué. Par exemple, l’État impose désormais certaines choses, comme l’audit énergétique obligatoire tous les trois ans. Cela pousse les industriels à trouver des bureaux d’études pour réaliser cet audit. De ce fait, chez Greenflex, on sait que tous les trois ans, on va devoir faire de l’audit en masse pour eux. Une autre évolution, c’est celle du CEE. Cela existait déjà avant, mais c’était encore assez discret : aujourd’hui, comme l’écotaxe CEE augmente assez régulièrement tous les 3-4 ans, les industriels font davantage appel à nous car ils ont besoin de valoriser leurs changements d’équipements.

 

En quoi consiste votre rôle de chef de projet efficacité énergétique et environnementale ?

Cela consiste d’abord à travailler en étroite relation avec notre service commercial. Quand nos commerciaux trouvent une affaire potentielle concernant mes spécialités – essentiellement les normes ISO 50001 et 14001 –, ils me contactent pour que l’on puisse monter l’offre ensemble. Ensuite, je m’occupe de trouver des chargés de projet en mesure de pouvoir réaliser la mission définie ou je la réalise moi-même. Derrière, je vais contrôler que mes chargés de projet réalisent correctement la mission et répondent bien aux besoins du client.

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier aujourd’hui ?

Sans doute la diversité des entreprises avec qui je travaille et la possibilité de toucher à tous les secteurs de l’industrie. Ayant une spécialité en pétrochimie, je m’occupe principalement de raffineries ou de dépôts pétroliers, mais j’interviens également dans l’agroalimentaire, dans de la papèterie, chez des maraîchers, etc. Cette diversité me permet de multiplier les expériences et surtout d’être beaucoup plus pertinent quand, chez les clients, on fait ensuite des audits ou des remarques dans le cadre de déploiements ou d’accompagnements de systèmes de management.

 

Est-ce que la double compétence est capitale dans une entreprise comme la vôtre ?

Capitale, je ne sais pas. Mais pour ce qui est de mon poste, c’est effectivement très utile. La plupart des personnes autour de moi possède un profil d’ingénieur, très « calculs ». Or, quand elles basculent sur un statut de chef de projet, on constate souvent un gros manque au niveau du management car elles n’ont pas appris à gérer des équipes, à travailler en projet et, surtout, à répartir les rôles. Il n’est ainsi pas rare de retrouver des ingénieurs sous l’eau car, à défaut de savoir déléguer, ils prennent toute la charge du projet sur eux seuls. Au niveau de l’organisation, la double compétence est un atout indéniable.

 

Enfin, quel conseil donneriez-vous aux étudiants de Ionis-STM ?

J’en ai deux. Tout d’abord, au sein de l’école, ne prenez surtout pas les intervenants à la légère. Vous devez vraiment les écouter attentivement, appliquer ce qu’ils disent et suivre leurs conseils. C’est sûr que l’on peut parfois tomber sur des enseignants ayant une vision différente de celle qu’on pourrait attendre sur le travail ou d’autres sujets, mais cela s’avère toujours très pertinent. C’est difficile à percevoir tant que l’on n’a pas un pied du monde du travail et que l’on n’a pas pris du recul sur la vie en entreprise, mais une fois qu’on y est, on réalise à quel point leurs dires sont tout à fait en phase avec la réalité : ils sont dans le vrai et ont un temps d’avance sur le marché du travail.
Mon autre conseil concerne l’après Ionis-STM. Que vous souhaitiez vous orienter sur de la réalisation d’un point de vue plus technique ou sur du management, vous ne devez pas oublier ce que vous avez vu à l’école une fois en entreprise. Vous réaliserez très vite que certains acquis ou outils vous serviront en permanence. Gardez donc bien en tête tout ce que vous avez pu voir durant ces années !

 

Deivy Bartebin (Ionis-STM promo 2015) : « la double compétence était un pari pour le futur »

 


Crise-M, l’autre aventure professionnelle de Deivy Bartebin

Parallèlement à son travail au sein de Greenflex, Deivy Bartebin est également dirigeant associé de Crise-M, une jeune société créée en 2019. « Il s’agit d’une société de management en gestion/prévention des risques que j’ai lancée avec mes deux associés, Pierre-Yves Gury et Olivier Morin, explique l’Ancien. Pour la petite histoire, nous avons chacun officié en tant que sapeur-pompier au sein du SDIS 91 (le Service départemental d’incendie et de secours de l’Essonne) – Olivier est d’ailleurs sapeur-pompier professionnel là-bas depuis plus de 20 ans. C’est ce qui nous a donné l’idée de monter cette entreprise. » Ensemble, les trois acolytes se sont donné pour mission de conseiller et d’accompagner les collectivités pour les former et créer avec eux leur plan de gestion de crise (PCS), dans un objectif de développer la résilience territoriale. « Nous intervenons également dans le secteur industriel sur la prévention des risques – environnementaux, incendies… – auxquels les entreprises peuvent être confrontées au quotidien, assure Deivy. Enfin, nous réalisons également des formations afin de rendre chaque citoyen acteur de sa sécurité et celle des autres. Notre devise ? Anticiper, c’est maîtriser ! »

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Internet de Crise-M ainsi que sur ses réseaux sociaux (Facebook, Instagram et Twitter)


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