"Et si on arrêtait de se la raconter pour être nous-mêmes ?", le livre de Christine Abadie, enseignante à Ionis-STM - Ionis-STM          

L'école de la double compétence
Technologique et manageriale

Christine Abadie enseigne la communication à Ionis-STM. Également coach en entreprise, elle publie un livre d’aide à la prise de parole en public en se fondant sur ses propres expériences et analyses : « Et si on arrêtait de se la raconter pour être nous-mêmes ? Manuel pour une prise de parole en public ».

ionis-stm_publication_livre_christine_albadie_enseignante_communication_01.jpgComment est né ce livre ?
De mon désir de synthétiser ce que je transmets par l’enseignement et aux clients que je coache. Il y eut trois étapes dans mon parcours : j’ai d’abord travaillé dans l’immobilier de prestige puis j’ai intégré le marketing et la communication. Je suis actuellement enseignante à Ionis-STM et formatrice en entreprise et coach de performance où j’accompagne des dirigeants et managers dans leur communication, notamment dans la prise de parole en public.

Quels sont les principaux constats que vous faites ?
Le premier, c’est que 92 % des gens ont peur de prendre la parole en public, devant 150 personnes ou face à un petit groupe. Cette peur révèle des choses profondes à propos de nous-mêmes. Nos mécanismes de défense et de gestion nous poussent alors à « nous la raconter ». On joue des rôles puisque notre objectif est d’être recevable par autrui, de prouver au monde que l’on peut être aimé et que l’on est quelqu’un de bien. Je me réfère ici aux trois peurs fondamentales humaines : ne pas être aimé, être embarrassé et être ignoré. Le premier mécanisme, c’est que nous projetons sur l’autre notre propre hantise. Si je crains de ne pas être aimé, je projette sur l’autre le risque qu’il ne m’aime pas. Je vais donc tout faire pour qu’il m’apprécie et endosser un rôle. Je cherche à travers mes actions à réparer une blessure que j’ai en moi. Ce que j’explique, c’est que rien ne se répare dans la vie mais que tout se transforme, en en ayant conscience de façon à arrêter de projeter sur l’autre ce qui ne concerne que nous-mêmes. Si je crains de ne pas être à la hauteur, d’être mis en échec, je vais transposer sur l’autre le fait qu’il puisse m’embarrasser. J’essaye alors de prouver sans cesse que je suis quelqu’un de bien, que j’ai beaucoup de diplômes… Si j’ai peur d’être ignoré, je ferai tout pour être vu.

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Quels sont vos conseils et recommandations ?
Je fournis beaucoup d’exercices pour commencer à se diagnostiquer et comprendre ce qu’il se passe en nous-même. Je pars du principe suivant : dès que l’on conscientise ses problèmes, on peut les analyser et prendre la distance nécessaire pour être capable de rectifier le tir lorsque ces angoisses apparaissent. Il n’existe cependant pas d’outil miracle. Je consacre également une partie technique aux trois appuis de la prise de parole : la respiration, le regard et la voix. Je propose des exercices pour les améliorer. Ma croyance, c’est qu’un bon orateur est quelqu’un qui se connaît suffisamment, de façon à ne pas se laisser parasiter par ses illusions, ses fantasmes, ses projections et ses peurs. L’idée n’est pas de ne plus avoir peur mais de pouvoir identifier celle-ci afin de la gérer. J’utilise la plupart de ces outils moi-même dans mon enseignement et mon coaching.

Pouvez-vous nous donner un exemple d’exercice ?
Par exemple, je démarre avec l’exercice des trois héros : je demande aux élèves ou aux clients de citer trois personnages, réels ou de fiction, qu’ils admirent le plus et qui ont provoqué des émotions chez eux. Sont ensuite associées à chacun d’eux les trois qualités pour lesquelles on les admire. J’explique en fin d’exercice qu’on vient d’appliquer le b.a.-ba de la psychologie, à savoir la projection : je ne peux reconnaître chez l’autre que ce que j’ai déjà en moi, donc c’est de nous-mêmes dont nous parlons. L’identité d’un orateur est ainsi déterminée par la façon dont il se perçoit et dont il perçoit l’autre. Si je me considère inférieur à l’autre, j’aurai automatiquement dans ma communication cette attitude de sous-évaluation de moi-même et je vais me présenter devant un public avec une perception d’infériorisation. Une bonne relation doit être équilibrée, chacun ayant quelque chose à apporter. Au-delà de ces peurs, notre véritable angoisse est la peur de nous rencontrer nous-mêmes. Nous avons joué tellement de rôles, nous nous sommes tellement fabriqué d’attitudes pour plaire à l’autre, pour compenser le fait que l’on ne s’aime pas ou pas assez, que nous demandons à l’autre de nous aimer pour compenser ce désamour.

« Et si on arrêtait de se la raconter pour être nous-mêmes ? Manuel pour une prise de parole en public », de Christine Abadie, Amazon Kindle

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