« J'ai très vite vu que c'était grâce à ma double compétence que je pouvais faire la différence » - Ionis-STM          

L'école de la double compétence
Technologique et manageriale

« J’ai très vite vu que c’était grâce à ma double compétence que je pouvais faire la différence »

PDG d’Axis Plus et cofondateur du Club des jeunes entrepreneurs de Ionis-STM, Olivier de Galzain était l’invité des Rendez-vous de la double compétence ce 25 novembre. Devant les étudiants et des professionnels, cet intervenant d’expérience ayant passé près de 30 ans à la tête de différentes entités est revenu sur l’apport de la double compétence dans sa carrière et sur les qualités que doit posséder tout dirigeant et entrepreneur.

« J’ai très vite vu ce que c’était grâce à ma double compétence que je pouvais faire la différence. » Olivier de Galzain en est convaincu : sans sa vision à la fois managériale et technique, il serait probablement passé à côté des nombreux postes à responsabilités dans des groupes renommés comme Axa ou Lagardère et aurait sans doute ressemblé à nombre de « cadres affirmés » mais incapables d’être « force de proposition ». Intervenant idéal pour ce Rendez-vous de la double compétence, le dirigeant d’Axis Plus n’a cependant pas fait que vanter les mérites de ce statut recherché en entreprises. Il a aussi abordé trois dimensions clés associées à la réussite professionnelle : la dimension entrepreneuriale, la dimension du marché et la dimension sociologique.

rendez-vous_double_competence_galzain_axis_plus_dirigeant_experience_entrepreneuriat_02.jpg« L’entrepreneuriat, c’est avant tout une prise de risques »
Pour Olivier de Galzain, devenir entrepreneur n’est pas difficile à condition de se « se poser des questions très simples » mais très claires : « L’entrepreneuriat, c’est avant tout une prise de risques et une anticipation de l’avenir. Pour autant, il ne faut pas confondre prévention et précaution, cette dernière étant un frein au risque et donc à l’innovation. » Pour mieux illustrer son propos, l’invité de Ionis-STM prenait l’exemple de son passage au sein d’une filiale du groupe Axa alors confrontée à d’importantes difficultés. « J’ai réalisé un audit en 3 mois que j’ai présenté en conseil d’administration. Ce dernier m’a nommé sur le champ à la place du président, ce qui montre bien la dureté de l’entreprise. Mais quand on perd des millions d’euros, il faut agir vite pour éviter un naufrage collectif touchant tous les salariés. Pour sauver un maximum d’emplois, j’ai créé presque aussitôt un comité de direction et j’y ai invité toutes les composantes – les directeurs, les opérationnels, les syndicats, etc. – pour donner un vrai choc culturel à cette entreprise et faire prendre conscience du danger. Cela ne s’est pas fait sans heurts, ni sans risques. » Aux yeux de l’intervenant, un PDG doit donc représenter le lien entre le monde économique (les actionnaires) et le monde opérationnel (l’entreprise) mais doit surtout être capable de prendre immédiatement des décisions face à des situations parfois complexes.

rendez-vous_double_competence_galzain_axis_plus_dirigeant_experience_entrepreneuriat_03.jpgMarché à dompter et aventure humaine
Si avoir « une vision produit » est important à la tête d’une entreprise, s’y cantonner peut s’avérer dangereux : un bon ingénieur n’étant pas automatiquement amené à être un bon patron, surtout face à un marché tout sauf figé. « Il faut pouvoir s’adapter au marché qui, dites-le vous bien, ne sera jamais comme vous le voulez », assurait Olivier de Galzain, regrettant au passage « l’absence de vision à 360 degrés » de certains dirigeants qui, par manque de recul, commettent une erreur grave. Ces mêmes dirigeants, s’ils sont performants sur l’aspect technique, se font également remarquer pour une autre mauvaise habitude : une dimension humaine peu développée. « C’est pourtant un fort enjeu de pouvoir, tenait à préciser le PDG d’Axis Plus. Dans l’entreprise, il faut être extrêmement soucieux de bien prendre en compte les orientations de chacun à son poste, ses objectifs personnels. » Pour cela, il y a un outil à connaître : le triangle dramatique. « C’est une méthode proposée par Stephen Karpman en 1968 qui visualise un rythme souvent identique lors d’une conversation-négociation entre une « victime », un « sauveur » et un « persécuteur ». Savoir cela permet d’éviter les pièges et les conflits. » L’entrepreneuriat n’étant au final « qu’une aventure humaine », il est important de savoir s’entourer, ne serait-ce que pour se remettre en question. « Pour lancer une entreprise, il faut prendre des risques, avoir une bonne idée mais aussi fédérer. Car il faut au moins être deux pour challenger ses idées et ne pas tourner en rond. Cet effet miroir permet d’accepter les critiques et d’avancer, soulignait justement Olivier de Galzain avant de conclure sur une note originale en citant Pablo Neruda. Il meurt lentement, celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés. » Et si les entrepreneurs étaient à leur façon les poètes du 21e siècle ?

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