Nouvelle donne sur l'énergie et les ressources - Ionis-STM          

L'école de la double compétence
Technologique et manageriale

Pour son deuxième Rendez-vous de la double compétence de la saison, Ionis School of Technology and Management a convié Michel Morvan. Ce dernier, après une carrière académique en tant que mathématicien, a intégré la direction de la veille et de l’innovation de Veolia Environnement avant de fonder la startup The CoSMo Company, startup spécialisée dans la modélisation de la complexité, dont il est aujourd’hui le président. Lors de cette conférence, il est revenu sur les enjeux que représente la nouvelle donne environnementale et énergétique pour les entreprises et les acteurs publics. L’évènement avait lieu le 6 novembre, dans les locaux de l’ESME Sudria Paris-Montparnasse.

Un changement de paradigme majeur

Avec la raréfaction des ressources naturelles (hydrocarbures, mais également métaux, végétaux, terres rares, eau…) et une industrialisation croissante (notamment dans les pays émergeants), la question de l’économie des ressources devient pressante. « Aujourd’hui, nous consommons quatre fois plus que ce que peut produire la Terre », affirme Michel Morvan. C’est pour cette raison que les années à venir verront la multiplication des conflits autour des ressources (au Tibet ou dans le Golan par exemple).

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Cette nouvelle donne implique donc une adaptation des entreprises et collectivités territoriales, qui cherchent aujourd’hui à faire des économies et réduire leur empreinte énergétique : « Jusqu’à présent, les sociétés comme Veolia facturaient à leurs clients – des collectivités territoriales la plupart du temps – à la quantité de services rendus, explique Michel Morvan. Par exemple de l’eau : plus un client consommait d’eau, plus Veolia gagnait d’argent, en échange de quoi l’entreprise assure la bonne tenue des infrastructures, de l’approvisionnement, du traitement… Aujourd’hui, dans un contexte de crises multiples, les clients font appel à Veolia pour que la structure les aide à faire des économies. C’est un changement de paradigme majeur pour l’entreprise qui jusqu’ici fonctionnait sur un modèle de facturation des quantités et doit maintenant évoluer dans un contexte tout à fait différent. »

Ce nouveau contexte implique d’ailleurs de nouveaux acteurs : au sein même de l’entreprise (optimisation des services), mais aussi dans la concurrence (grands groupes qui jusque-là ne s’intéressaient pas au secteur mais peuvent maintenant proposer une expertise et startups très dynamiques proposant de nouvelles offres). De nouvelles pratiques dans les ressources humaines voient également le jour. Et, in fine, les clients évoluent également.

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L’innovation comme solution

La solution pour ces grandes entreprises traditionnelles est donc d’évoluer et d’innover. « En faisant en sorte que la matière organique récupérée dans les stations d’épuration fournisse du méthane qui pourra être transformé en énergie par la suite, on peut redessiner le paysage économique d’un quartier et d’une ville, illustre Michel Morvan. La station devient indépendante énergétiquement et peut même produire plus que ce qu’elle consomme, attirant alors des entreprises dans son périmètre. »

Mais l’innovation n’est pas que technique. Michel Morvan incite à l’innovation dans les modèles économiques (passer d’une relation prestataires/clients à un véritable partenariat synergique) et organisationnels : « Il faut que les décideurs se rendent sur le terrain pour comprendre comment les choses fonctionnent, précise-t-il. Fondamentalement, innover n’est pas compliqué. C’est le déploiement de cette innovation qui est essentiel. Il faut que ça ne bloque nulle part dans l’entreprise. »

Illustrant son propos avec de nombreux exemples (impact de la création de nouvelles stations de métros à Mexico, gentrification de l’Île-de-France, expériences personnelles humaines), Michel Morvan a conclu en invitant ses auditeurs à rechercher des solutions innovantes dans tous les domaines, pas seulement dans sa propre expertise : « C’est parce que je me suis un peu intéressé à la biogénétique que j’en suis arrivé à concevoir un modèle de la ville agissant comme un système vivant, qui nous permet ensuite de comprendre voire prévoir les phénomènes. On comprend l’émulation entre les différents acteurs, les effets entraînés par un nouvel élément… N’hésitez pas à vous intéresser à tout ! »

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